|
La voix de son maître
|
Tout est ici affaire de sensation... Je ne peux pas imaginer commencer cette page sans aborder cette
question. Car avant de parler d’électronique ou d’informatique, nous parlons avant tout d’une
approche sensorielle qui nous connecte à la réalité du monde qui nous
entoure. L’ouïe nous raccorde à notre réalité, mais cet environnement sonore est en lui-même un univers
entier de perceptions. C’est l’ensemble des perceptions auxquelles nous avons été éduqué grâce à nos
sens qui façonne une vision personnelle de notre environnement. Le tout est lié à une notion de mémoire
qui nous permet de retrouver des repères, à la manière de marqueurs dans l’obscurité. C’est à cette
notion d’environnement lié à des sensations personnelles que fait allusion Proust lorsqu’il nous narre
cette fameuse madeleine qui lui rappelle tant son enfance.
Le célèbre Amiga 1000 a été capable dés 1985 de restituer des échantillons sonores... mais à quel prix! |
Certains jeux nous ont offert le luxe de quelques digits sur CPC... mais quelle usine à gaz pour une telle prouesse! |
Plusieurs constructeurs ont à l'époque fait de la création de ce type de processeur une spécialité comme
Texas Instruments, General Instrument ou encore MOS Technology. On trouve ainsi
un célèbre processeur de Texas Instruments, le SN76489, dans une légion de bornes d'arcades
américaines des années 80, et SEGA a même fait appel à des clones de ce processeur pour équiper
ses machines Master System, Game Gear, et Megadrive (Genesis en Amérique du Nord).
De son côté, MOS Technology a conçu le fameux SID (Sound Interface Device) 6581/8580 qui
équipa en exclusivité les premières machines de Commodore, en particulier le mythique C64 dont les
mélodies caressent aujourd'hui encore nos oreilles.
Enfin, et nous voici au coeur de notre passion, General
Instrument créa l'un des processeurs parmi les plus utilisés des années 80, le nommé AY-3-8910. Ce
petit monstre équipa par exemple (accrochez-vous) l'Intellivision, le Vectrex, le ZX
Spectrum, le MSX, l'ORIC, ainsi que notre bien aimé Amstrad CPC. Et oui, c'est
bien lui l'élu qui berça notre enfance, celui qui fait aujourd'hui encore vibrer le coeur de tous ceux
qui sont en train de lire cette page à chaque nouvelle note jouée. Un clone sous licence développé par
Yamaha, l'YM2149 destiné à un usage 16bits, vit même le jour et donna sa voix au légendaire
Atari ST, un intéressant détail sur lequel nous reviendrons un peu plus loin.
Tout le monde n'a pas forcément ni la possibilité, ni la volonté de s'entourer de véritables jeux dans leur version originale, sans parler de leur raréfaction. Les émulateurs ont permis une renaissance de ce patrimoine vidéo-ludique. |
|
- Fichiers .E-M : Créé pour les besoins du logiciel professionnel EQUINOXE d'UBI Soft, un trés
bon sequenceur écrit par Alain Massoumipour (aka POUM de A100%). Il reste peu d'utilisateurs de
ce logiciel antédiluvien, mais vous croiserez quelques musiques d'époque "ça et là" sur le net.
- Fichiers .MDL : Utilisé par le DIGITRACKER de Prodatron/Symbiosis écrit en 1993. Ce logiciel qui reprend le système devenu classique des trackers possède la particularité de pouvoir importer la partition ou même carrément un module .MOD entier provenant d'un ST ou d'un AMIGA. Derrière les fichiers MDL se cachent d'ailleurs souvent des conversions de modules. - Fichiers .SKS : Ce sont les fichiers de musique composées avec le fabuleux tracker STarKos de Targhan/Arkos. Ce tracker a été créé en 2003 et Targhan a poursuivi son développement son développement jusqu'en 2009. STarKos est la solution ultime pour tout musicien qui désirerait découvrir les joies de la composition chip sur CPC. De plus en plus de compositions sur CPC utilise d'ailleurs désormais ce format. Si vous désirez en savoir plus, c'est par là. - Fichiers .AYC : Voici le format qui va nous intéresser directement. Aucun logiciel de composition ne se cache derrière ce format mis au point par Madram/OVL et dont l'objectif est de permettre l'usage sur CPC de musiques provenant d'autres plateformes, en particulier l'Atari ST. C'est ce format "passerelle" qui va donner accés à votre CPC à des tonnes de chiptunes. |
|
Tout a commencé vers la fin des années 90 lorsqu'un démomaker de renom, Leonard/Oxygene,
désirant retrouver sur son nouveau PC les musiques qu'il adorait sur son ST, décida de mettre au point
un format qui permettrait à un "player" de rejouer des musiques de son ordinateur chéri. De multiples
players étaient déjà capables de rejouer les musiques du C64 sauvegardées sous forme de fichiers .SID
et il ne voyait pas pourquoi il ne serait pas possible de faire de même avec les musiques générées par
le processeur YM2149 de l'Atari ST. Il créa alors un format, le .YM, capable de contenir de manière
ordonnée les instructions d'une musique destinée normalement à un processeur YM2149 et créa dans la foulée
un logiciel, ST-Sound, capable d'émuler le fonctionnement du fameux processeur de Yamaha dans une machine
qui en est dénuée. Ainsi le patrimoine musical de l'Atari ST faisait-il irruption dans l'univers des
machines modernes.
Les formats
.SNDH
et
.SC68
proposent d'intéressantes alternatives pour stocker des musiques
qui utilisent le plein potentiel de l'YM2149 de l'Atari ST et ne permettent pas leur stockage dans le format
.YM de Leonard. Le SNDH en particulier est initialement conçu pour un usage sur ST ou Falcon, mais
son actuelle présence sur le net le destine de plus en plus à un usage émulé sur nos machines actuelles.
Vous pouvez cliquer sur les liens de ce paragraphe pour en savoir plus sur ces formats hybrides.
Le .VTX créé par Roman Scherbakov a été mis au point pour
stocker les musiques créées avec le Spectrum Vortex Tracker, un tracker sous Windows permettant de
créer de la musique en émulant l'AY du ZX-Spectrum. Il est aujourd'hui aussi utilisé pour lire des
musiques du ZX-Spectrum sur des plate-formes modernes.
Enfin, le
Project-AY
pourvoit à l'essor du format .AY, un format destiné à proposer la production
musicale du ZX-Spectrum sur nos bécanes actuelles. L'extrème similitude entre l'architecture sonore du
ZX Spectrum et celle du CPC a naturellement amené le format .AY à devenir le format de prédilection
de notre chère machine, celui qui permet de restituer une musique avec la plus grande exactitude. On
peut d'ailleurs trouver une section CPC sur le site de Project-AY.
Depuis 2010, Targhan/Arkos s'est lancé dans le développement d'une évolution de son tracker STarKos
sous Windows qu'il a baptisé Arkos Tracker. Bien plus ergonomique que son aîné grâce à
l'utilisation d'un système d'exploitation moderne, il permet une édition de soundchips pour CPC mais
aussi plusieurs autres machines utilisant le même processeur sonore (comme le Spectrum) via une
interface reprenant l'ensemble des fonctions de STarKos. Arkos Tracker le remplacera certainement à
terme grâce aux nombreuses améliorations que son créateur ajoute à chaque nouvelle évolution.
"Bon alors tout ça c'est bien joli mais j'y balance quoi, moi, dans mon CPC" ? J'entend bien votre
supplique. Comment y voir clair dans toute cette gamme de format de fichiers sans s'y perdre ? Si
vous croisez sur le net des fichiers propres au CPC comme ceux que nous avons vu, vous pouvez directement
vous jeter sur la section de cette page où je vous propose d'apprendre à créer vos propres disquettes CPC
remplies de chiptunes. Mais la plupart du temps, vous devrez vous contenter de fichiers créés pour
l'émulation et qui pullulent sur les réseaux. Seulement un écueil se profile à l'horizon : votre CPC est
incapable d'utiliser des formats comme le .YM, le .SNDH, le .VTX ou
encore même le .AY.
Comme je l'ai indiqué un peu plus tôt, c'est le format trés maléable du .AYC qui va retenir
toute notre attention. En effet, ce format a justement été créé par Madram/Overlander(OVL) pour un usage qui s'apparente à celui
qui nous intéresse : transférer des chiptunes provenant d'autres plateformes AY/YM sur le CPC. Il
va donc falloir convertir les musiques au format AYC pour que notre CPC les tolère. Le .YM est le format
parfait pour cette opération. Largement répandu sur le net, il est présent depuis
assez longtemps pour proposer une variété extraordinaires de chiptunes provenant à la fois de la démoscène
et du marché officiel du jeu-vidéo. Ce sont des milliers de chiptunes dans ce format qui vous tendent
les bras. A partir de là, la démarche à suivre est claire :
|
1) Récupérer des fichiers .YM
2) Convertir ces fichiers .YM au format .AYC 3) Implanter les fichiers .AYC sur une disquette au format AMSDOS. 4) Les lire à foison grâce à un player CPC adapté |
|
Rentrons maintenant de pleins pieds dans la danse. Vous vous êtes entouré de fichiers YM triés sur le
volet et vous mourez d'impatience d'entendre votre CPC vous régaler de ces mélodies bien cheap (et non
pas "chip", mais cela marcherait aussi). Pour cela, un seul logiciel est envisageable, l'excellent
YM Cruncher de F-Key/Revival. Ce programme fonctionnant sous Windows et Linux va vous
permettre de convertir vos fichiers .YM et même .VTX au format .AYC que votre CPC
pourra lire sans problème. Le format YM restitue les musiques en provenance du CPC avec moins de
brio que l'excellent format AY, mais vous verrez que les écarts sont peu fréquents et rarement flagrants.
Dans la fenêtre principale, cliquez sur le menu Settings et sélectionnez
la section Change Destination Folder pour choisir le répertoire dans lequel vous désirer sauvegarder
les fichiers AYC que vous allez créer. Par défaut YM-Cruncher sauvegarde les fichiers dans son propre
répertoire, il est plus pratique de sélectionner un emplacement personnel dans lequel vous trouverez
vos fichiers.
Maintenant cliquez sur la cellule Créer un DSK. La fenêtre principale grisée devient alors valide.
Il existe deux types de fichiers sous AMSDOS, les fichiers ASCII qui sont de simples fichiers
textes au format universel, et les fichiers BINAIRES contenant des éléments de programmation que
reconnaîtra le CPC. Afin de vous assurer que vous implanterez tous vos fichiers au format BINAIRES
et non ASCII, cochez donc sur la case Forcer Binaire.
Pour ce faire (à moins que vous n'ayez déjà l'habitude de transférer des fichiers DSK par une autre
méthode), nous allons bien sûr utiliser le très sympathique CPC Disk XP de Oscar Sanchez
qui tourne sous Windows 2000 et XP. Décompressez donc le fichier ci-contre à l'emplacement de votre
choix, exécutez tout d'abord le fichier FdInstall.exe, puis lancez l'application.
Il n'existe pas énormément de logiciels permettant de s'adonner à l'écoute de chiptunes sur nos CPC. Mais
aprés tout, un seul suffit dés l'instant qu'il est efficace. Cette perle rare existe et se nomme
Dual Module Player (DMP). On doit cette perle rare à hERMOL, webmaster du très sympathique site
CPC Rulez. On ne peut que saluer cette initiative
car il aura fallu attendre 2006 pour qu'un player de chiptunes sur CPC émerge. Et quel player! Toujours
en développement, il permet déjà la lecture des principaux formats propres au CPC, formats que nous avons vu
ensemble et dont font partie le .E-M, le .MDL et bien évidemment le .AYC.
Une fois le logiciel chargé, insérez votre disquette pleine de chiptunes au format AYC et appuyez sur
la touche TAB (elle permet de changer de lecteur A/B, mais cela fera parfaitement l'affaire aussi pour
lancer une lecture de votre disquette). La liste de vos musiques doit alors s'afficher. Avec les touches
de curseur, mettez en surbrillance le fichier de votre choix, appuyez sur la barre d'espacement et alors
là...
Et voilà, vous voici au fait de cet univers si particulier qu'est celui du chipsound et de ces mélodies
étranges qui vous caressent les oreilles, les chiptunes. Maintenant vous allez pouvoir profiter des
sympathiques capacités sonores de notre belle sans devoir charger un jeu ou une démo rien que pour
profiter de sa musique.